Un kit bi-composant est un calcul stœchiométrique. Rapport, base de dosage ou vie en pot mal gérés ruinent le feuil.
Un revêtement bi-composant arrive sous forme de kit, et ce kit est un calcul stœchiométrique, non une commodité d'emballage. La partie A apporte la résine, la partie B les groupes réactifs qui la réticulent. Changez la proportion et la chimie change avec elle. Aucune étape en aval ne rattrape cette perte.
Le rapport est une chimie, pas un réglage de viscosité
Diluer un bi-composant pour améliorer le tendu est une pratique normale, admise dans les limites de la fiche technique. Toucher au rapport entre A et B est un tout autre geste. Un excès de durcisseur n'accélère pas le durcissement de façon utile : il laisse de l'amine ou de l'isocyanate sans partenaire, et ce surplus se manifeste des mois plus tard par un blanchiment, une fragilisation ou une surface farinante en service. Le défaut inverse est pire : le feuil reste sous-durci, retient du solvant et n'atteint jamais l'adhérence ni la résistance chimique spécifiées.
Les rapports s'expriment en volume ou en masse, et les deux ne sont pas interchangeables. Les rapports volumiques supposent les densités indiquées dans la fiche ; les rapports massiques les ignorent. Quand un produit est spécifié 4:1 en volume, peser 4:1 en masse livre une autre stœchiométrie, parfois avec un écart important. Il faut lire sur quelle base le rapport est écrit avant le premier lot, pas après.
La vie en pot commence au mélange, pas à l'application
La vie en pot est la fenêtre de travail comptée à partir du moment où les deux parties sont réunies, à la température indiquée. Un lot mélangé à huit heures et appliqué à treize heures a passé cinq heures à réagir dans le seau. Le feuil obtenu n'est pas celui que décrit la fiche, même si chaque étape semblait conforme.
La température domine cette fenêtre. Un produit qui offre quatre heures à 20 °C peut n'en offrir qu'une à 35 °C. En été, sur un pont chaud ou en plein soleil, la fenêtre pratique se referme plus vite que l'équipe ne l'anticipe. La réponse est de plus petits lots préparés plus souvent, pas un délai plus long.
Le temps d'induction fait partie du mode d'emploi
Certains époxys exigent un temps d'induction, souvent de quinze à trente minutes, entre le mélange et l'application, pour que les composants réagissent et que l'air occlus s'échappe. L'omettre n'est pas cosmétique. Le revêtement peut faire des piqûres de solvant ou développer une surface sur laquelle la couche suivante n'adhérera pas, et le défaut apparaît à l'interface bien après le départ de l'applicateur.
Comment un lot mort se signale
- Chaleur du seau au-dessus de l'ambiance, avec une odeur de solvant ou d'amine qui monte
- Épaississement visible sur la paroi avant la masse du lot
- Fils ou particules gélifiées au versement ou au rouleau
- Perte de tendu que le pinceau ne rattrape plus
Chacun de ces signes signifie que le lot a dépassé sa fenêtre. Aucune dilution ne le ramènera : ajouter du solvant à un époxy gélifié donne un feuil à faible adhérence et à durcissement imprévisible, et le défaut sera imputé au produit plutôt qu'à la décision.
Les contrôles qui tiennent réellement sur chantier
- Doser selon la base indiquée dans la fiche, avec un récipient gradué ou une balance de rapport
- Noter heure de mélange et température ambiante sur la fiche de lot
- Découper le poste en lots dimensionnés par la vie en pot, non par la surface à peindre
- Garder les deux emballages fermés et propres ; la partie B ouverte absorbe l'humidité toute la journée
- Jeter plutôt qu'étirer : le coût d'un lot est dérisoire face à une couche ratée
Rien de tout cela n'est difficile, et tout est routine dans un atelier doté d'un mode opératoire écrit. Les défaillances se concentrent là où la procédure vit dans la tête d'une seule personne, généralement celle qui est en congé la semaine où l'inspecteur arrive.